HANSPETER ROSENLECHNER

LIBERTÉ !

ÉGALITÉ !

FRATERNITÉ !

LA rÉVOLUTION DU 21e SIÈCLE

Depuis toujours la devise de la République n’a été comprise et appliquée qu’imprécisément. En fait, Liberté, Égalité et Fraternité ont été interprétées comme un idéal, une valeur, un appel moral… Lors des fêtes nationales, les politiciens les évoquent, et tout le monde les a tout prêtes à n’importe quelle occasion dans la vie, comme ça leur vient à l’esprit, et comme cela les arrange. On faisait d’eux toujours un usage arbitraire. Voilà le problème.


LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ : LA RENAISSANCE DE LA DEVISE DE LA RÉPUBLIQUE EN TANT QUE TRIPLE BESOIN SOCIAL


Regardons-les de façon plus concrète:


Quand la liberté ne peut pas s’épanouir, qu’est-ce qui se passe? Partout où les gens sont empêchés de parler leur langue maternelle, de vivre leur religion, leur culture, leurs traditions, d’exprimer leur opinion, bref : là où la vie de l’esprit ne peut pas s’épanouir en Liberté, les gens se révoltent. C’est pourquoi la liberté de pensée, d’expression, de presse, de religion… ont été adoptées partout – plus précisément: partout où les gens ont une influence sur le système politique; les systèmes politiques qui suppriment cette liberté sont instables et menacés d’insurrection. La liberté de l’esprit est le premier besoin social fondamental des gens.

Partout où les gens font l’objet d’une discrimination, où leurs droits fondamentaux sont piétinés, bref: partout où le principe de l’égalité en droit n’est pas respecté, le sens de justice est violé: les gens se révoltent. Plus le principe de l’égalité en droit est appliqué à tous les gens, quels que soient leur couleur de peau, leur sexe, leur religion, leur fortune, leur opinion etc., plus une société est stable et paisible. L’égalité en droit est le deuxième besoin social fondamental des gens.

Là où les besoins existentiels des gens ne sont pas satisfaits, où les conditions économiques les privent d’un revenu dont ils peuvent vivre dignement, ça crée le besoin, la misère, l’insatisfaction, le désespoir et une rage impuissante… Notre „ordre mondial cannibale“ (Jean Ziegler) est un mépris institutionnalisé de l’humanité. Personne ne le supporterait si son impuissance ne l’empêchait pas d’améliorer son sort. Par conséquent, l’exploitation de l’homme (et de la terre) par l’homme indique leur troisième besoin social fondamental: la fraternité dans la vie économique. Personne ne peut survivre seul. Les êtres humains ont besoin les uns des autres. Quand même, ce besoin fondamental est compromis par l’égo-centrisme. Il faut tenir compte des deux., sinon ça serait l’utopie à l’état pur. S’ils sont obligés les deux de négocier les prix, par exemple les prix des carburants, les prix de lait trop bas…, non seulement les riches et les puissants, mais ils seront tous dans la position de défendre leurs intérêts. En négociant, l’égoïsme des producteurs rencontre l’égoïsme des consommateurs, l’égoïsme des patrons rencontre l’égoïsme des salariés. En négociant, ils seront tous contraints de renoncer en partie à leurs intérêts. Le résultat sera la fraternité, le troisième besoin social fondamental des gens. – Les autres, pour qui le Nous, la coopération était déjà un besoin naturel évident, ce n’est pas étonnant. Ils le savaient tout le temps, ils le pratiquaient tout le temps.


Liberté, Égalité, Fraternité – ce n’est pas une utopie, c’est la réalité. Pas encore la réalité dans la société, mais dans chaque être humain en tant que ses besoins sociaux fondamentaux. De ce fait, ils sont une boussole pour toutes démarches de chaque être humain. Ils peuvent guider nos actions dans la société.


VOILÀ LA VISION : UNE SOCIÉTÉ QUI LAISSE ÉPANOUIR SES FORCES ÉVOLUTIVES


Liberté dans la vie intellectuelle et culturelle, Égalité dans la vie juridique et l’État, et Fraternité dans la vie des besoins, donc tout d'abord dans l'économie : voilà la dynamique sociale réelle. C’est l’ADN de la société, et donc les citoyens en ont besoin comme ils ont besoin de nourriture et de boisson. Ce besoin n’est pas encore tout à fait conscient, mais il n’en est pas moins réel. Une société qui laisse épanouir ses forces évolutives : voilà la vision. Voilà „une pensée qui puisse indiquer la Voie pour une politique de civilisation, laquelle lutterait contre les carences accrues de notre civilisation, mais en développerait les vertus “ (Edgar Morin).


Voilà la vision: Liberté, Égalité, Fraternité en tant que besoins sociales fondamentaux, c’est-à-dire: la Liberté dans la vie de l’esprit, l’Égalité dans la vie juridique et dans le domaine de l’État, et la Fraternité dans la vie économique. Et voilà le moyen pour y parvenir : un référendum d’initiative populaire.


Et alors? Qu’est-ce qui nous empêche ?!